INFINI © LABOFACTORY: LABOFACTORY : Jean-Marc Chomaz, Laurent Karst, François Eudes Chamfrault, assistés d’Antoine Garcia

Un espace de 10m par 15m est noyé dans l’obscurité. Au centre et au niveau du sol, dans la pénombre, on distingue trois monolithes noirs. Petit à petit les 3 monolithes s’illuminent et révèlent des surfaces d’eau. Des sons distendus et cristallins remplissent petit à petit l’espace. La surface des stèles scintille légèrement. Les sons se font de plus en plus distincts, les trois rectangles au sol s’illuminent de plus en plus. La lumière vibre et s’intensifie en fonction des modulations du son. Puis les surfaces se déforment jusqu’à onduler légèrement. Une onde se déplace. La surface vibre. Une deuxième onde se crée, puis une troisième. Des éclats de lumière se propagent dans l’espace au fur et à mesure que les ondes se déplacent. Des sons de plus en plus construits et structurés accompagnent ces mouvements. Les ondes se propagent à la surface du liquide à une vitesse de plus en plus soutenue, s’immobilisent et repartent. Les mouvements sont synchronisé en fonction des modulations sonores. Les murs s’animent d’éclats de lumière vibrants et changeants. La surface des monolithes se déforme. L’espace tout entier est irradié de lumière et d’ondes qui se déplacent, vibrent et se recomposent au rythme des sons.

 

Création réalisée pour la nuit européenne des chercheurs 2000 puis présentée à la nuit Blanche 2010. L’installation Wave exploite la nature non dispersive des ondes partagée entre le son, la lumière et les ondes à la surface d’une mince couche l’eau et joue avec les rapport mille et un million entre leur vitesse de propagation pour bâtir une architecture de l’espace et du temps sonore et visuel. La composition musicale est étendue à une composition ondulatoire avec des infrasons entre 1 et 10 Hz, inaudibles mais émis directement à la surface de l’eau par un dispositif mis au point pour l’installation. Deux projecteurs optiques placés sous les bassins envoient un faisceau lumineux modulé par les ondulations de la surface, les vagues faisant office de lentilles cylindriques convergentes, les creux de lentilles divergentes. Les écrans de six mètres de haut et deux de large interceptent ces faisceaux, transformant la musique circulant à la surface de l’eau en une image lumineuse, succession de raies sombres et brillantes parcourant la surface des écrans. Le spectateur est ainsi plongé dans une musique d’onde créant un espace-temps primordial où l’espace et le temps ne sont pas complètement séparés.

A 10m x 15m space is drowned in darkness. In the centre and at ground level, in the semi-darkness, three black monoliths stand out. The three monoliths gradually light up and reveal water surfaces. Distended and crystalline sounds gradually fill the space. The surface of the stelae sparkles slightly. The sounds are more distinct, the three ground rectangles gradually illuminate. The light vibrates and intensifies according to the modulations of the sound. Then, the surfaces bend until they wobble slightly. A wave is moving. The surface vibrates. A second wave is created, then a third one. Splinters of light propagate through space as waves move. Increasingly structured sounds follow these movements. The waves travel across the surface of the liquid at an increasingly high speed, stopping and moving away. Movements follow sounds. The walls are animated by vibrant and changing flashes of light. The surface of the monoliths is distorted. The entire space is irradiated with moving and vibrating lights and waves, composed at the rhythm of sounds.

 

Wave was conceived for the European Researchers' Night 2000 and presented at the 2010 Paris White Night. The Wave installation explores the non-dispersive nature of waves shared between sound, light and waves on the surface of a thin layer of water and plays with the thousand-to-1-million ratio between their propagation speed and time in terms of sound and visual elements. The musical composition is extended to a wave composition composed of infra-sounds between 1 and 10 Hz, inaudible but emitted directly to the surface of the water by a device developed for the installation. Two optical projectors placed under the basins send beams of light modulated by the undulations of the surface, the waves acting as converging cylindrical lenses. The wide screens intercept these beams, transforming the music flowing over the water surface into a bright image, a succession of dark and bright stripes running over the screens. The spectator is thus immersed in wave music creating a primordial time-space where space and time are intrinsically linked.