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INFRAESPACE © LABOFACTORY: LABOFACTORY : Jean-Marc Chomaz, Laurent Karst, François Eudes Chamfrault, assistés d’Antoine Garcia.

Un vaste espace rectangulaire de 20 mètres sur 10 mètres est noyé dans l’obscurité. Le sol, les parois et le plafond sont noirs. Petit à petit des faisceaux de lumière surgissent du sol. Au même instant, des anneaux de vapeur en mouvement apparaissent dans la lumière. Des sons sourds, synchronisés, rythment et ponctuent l’apparition de chaque anneau. Puis ces formes blanches, immatérielles disparaissent, se volatilisent dans l’air. L’espace se remplit à nouveau d’anneaux en mouvements générés par d’étranges flux sonores et lumineux. L’espace se fragmente et se recompose au rythme incessant des sons et des formes qui se dispersent dans l’air. On assiste à une véritable symphonie sonore et visuelle.

 

Quarante années avant Niels Bohr, Lord Kelvin avait proposé une théorie atomique où chaque atome était constitué de tourbillons entrelacés. La matière était alors la manifestation du mouvement de l’espace et l’expérience de 1867 démontrait « la persistance quasi-absolue » des anneaux une fois créés. Depuis cette théorie atomique a été abandonnée, mais certaines idées visionnaires se retrouvent dans la science moderne. Le spin des particules élémentaires évoque le mouvement des atomes-anneaux. L’équivalence relativiste entre la matière et énergie était déjà au cœur de la théorie de Kelvin ainsi que l’idée que le vide et la matière ont été créés simultanément.

 

« Infraespace » est un espace en devenir, à venir, comme s’il n’était qu’une vision mentale d’un espace en train de se constituer, prêt à se remplir. C’est un lieu abstrait en perpétuelle métamorphose où la richesse des perceptions est propice au déploiement de la pensée. 

A vast 20m by 10m rectangular space is drowned in darkness. The floor, walls and ceiling are black. Little by little, beams of light emerge from the ground. At the same time, moving rings of steam appear in the light. Dull, synchronised sounds punctuate the appearance of each ring. Then these white, immaterial forms disappear, vanishing in the air. The space is once again filled with moving rings generated by strange sound and light flows. The space is fragmented and recomposed at the incessant rhythm of sounds and forms that are dispersed in the air. We are witnessing a real sonic and visual symphony.

 

Forty years before Niels Bohr, Lord Kelvin proposed an atomic theory in which each atom was made up of intertwined vortices. Matter was then the manifestation of the movement of space and the 1867 experience demonstrated the "almost absolute persistence" of the rings once they were created. Since then, this atomic theory has been abandoned, but some of its visionary ideas are still found in modern science. The spin of elementary particles evokes the movement of ring atoms. The relativistic equivalence between matter and energy was already at the heart of Kelvin's theory as well as the idea that vacuum and matter were created simultaneously.

 

"Infraespace" is a space in the making, the mental vision of a space being created, ready to be filled. It is an abstract place in perpetual metamorphosis, where the richness of perceptions encourages the development of thought.